Il n'est pas facile d'aimer en Algérie dans une société ou tout ce qui touche l'intime est Haram. Car sans mariage, pas d'amour et de sexe. C'est l’éternelle règle sociale dans un pays ou paradoxalement, l'age moyen du mariage est l'un des plus élevés au monde. Pourtant, la jeunesse a de plus en plus de mal à s'y soumettre. Elle aspire à vivre pleinement.
Mais pour elle qui peine à trouver sa place, son identité et à qui on ne demande rien d'autre que calme et résignation, la frustration devient insupportable.
Alors elle résiste . Pas uniquement pour pouvoir aimer, mais pour pouvoir exister tout simplement. Elle s'invente des endroits caché, secret, clandestin qui échappent à la société, aux regards et à sa dangereuse stigmatisation. Ces dikis, comme elle les nomme parfois, sont plus qu'un squatt, un endroit abandonné , une terrasse, ou un simple appartement discret. C'est un véritable mode de vie. Un lieu de résistance. Une réponse à la frustration quasi palpable de cette jeunesse qui a l'impression d’étouffer. Dans ces bulles de liberté, on se rencontre, on discute sans tabous. Parfois, on joue de la musique, on s'aime et on expérimente les interdits. Parfois dans l’excès de ceux qui veulent tout vivre trop vite. Car ils le savent, ces instants passés dans ces refuges ne sont que des parenthèses rares et précieuses.